Avortement

La défense du droit à l’avortement est un engagement emblématique des laïques dans la cité, au nom de la liberté et de la promotion de la santé publique et du droit des femmes à disposer de leur corps et à choisir leur vie.

 

Pour une sexualité libre

Ce n’est qu’en 1973 que la contraception est devenue licite en Belgique, grâce à la pression populaire qui suivit l’"affaire Peers", du nom de ce médecin humaniste arrêté pour avoir pratiqué des avortements. L’avortement proprement dit, lui, ne sera dépénalisé sous conditions qu’en 1990 (loi Lallemand-Herman-Michielsen), même s’il était pratiqué depuis le milieu des années 70 par de nombreux centres, évitant ainsi les décès liés aux avortements clandestins ou leurs séquelles irréversibles.

 

Sortir l’IVG du code pénal: une priorité pour le Centre d’Action Laïque

Pour obtenir le vote de la loi, les femmes et les progressistes ont dû abandonner plusieurs de leurs revendications et accepter une dépénalisation partielle de l’IVG et non une loi légalisant l’avortement. Cette dépénalisation partielle permet aux opposants de s’attaquer régulièrement à la loi et au droit des femmes à choisir ou non de poursuivre une grossesse. Dès lors, revendiquer, comme initialement, la sortie de l’IVG du Code pénal relève d’une stratégie volontariste conforme aux revendications féministes et égalitaristes.

 

Plus d’un quart de siècle après le vote de la loi, l’avortement reste inscrit dans le Code pénal comme un crime contre l’ordre des familles et la moralité publique. Il n’est plus considéré comme un délit passible de sanctions, uniquement s’il est pratiqué dans le respect des conditions définies par la loi. Ces conditions fixées par la loi de 1990 sont régulées par des procédures que doivent respecter le personnel d’accueil et le personnel médical prenant en charge les femmes qui demandent une IVG.

 

Continuer à qualifier l’avortement de délit, c’est perpétuer une stigmatisation de l’interruption volontaire de grossesse. Cela alourdit les démarches pour la femme qui se pose cette question, et cela tend à la culpabiliser, avant même qu’elle ait pu faire un choix.

 

En sortant l’avortement du Code pénal, dans les conditions prévues actuellement pour cette prise en charge psycho-médicosociale, le législateur affirmera sa confiance dans les femmes et dans leur capacité, en cas de grossesse non planifiée, à faire le bon choix pour elles-mêmes.

 

La vigilance reste de mise

La vigilance reste nécessaire:

  • En Belgique, les attaques frontales des intégristes religieux se doublent de mesures qui visent à invalider les femmes et à les culpabiliser en cas d’avortement. L’objectif de certaines formations politiques qui souhaitent donner un statut juridique au fœtus est à peine voilé: il s’agit de fragiliser les motifs à la base de la dépénalisation de l’avortement.
  • En Europe, plusieurs pays ne reconnaissent toujours pas ce droit (Irlande, Malte, Chypre, Pologne).
  • La droitisation des sociétés européennes fait peser de graves menaces sur l’accès à l’avortement.
  • Dans le monde, 60% des pays interdisent l’avortement. 40.000 femmes meurent des suites d’un avortement non médicalisé et des millions d’autres sont mutilées.

 

Les mouvements "anti-IVG" peuvent sembler marginaux; ils trouvent cependant écho dans les médias et les Parlements. D’une part, parce qu’ils sont organisés et soutenus par de puissants lobbys religieux. D’autre part, parce que leurs discours de moins en moins agressifs et de plus en plus compassionnels modifient peu à peu la perception de l’avortement dans l’opinion publique.

Pour dénoncer ces menaces qui pèsent sur ce droit très précieux, le CAL a initié avec ses partenaires des centres de planning familial la plateforme Abortion Right!