Euthanasie

Entre l’application de la loi et son extension

 

L’appel d’une nonagénaire ainsi que la publication d’une étude sur les décisions médicales dans les unités de soins pédiatriques auront à nouveau ravivé le débat sur l’euthanasie. Une loi éthique ne saurait être gravée dans le marbre pour l’éternité. Toute question éthique implique nécessairement débat et évolution.

 

 
 

Une loi, une vie


Le témoignage digne et fort d’Amélie Van Esbeen a permis que la question des refus d’euthanasie, particulièrement dans certaines maisons de repos, soit révélée au grand jour. Les arguments des opposants qui prétendaient qu’une telle demande sortait du champ d’application de la loi étaient à la limite de l’indécence. Certes, ils n’osaient remettre en question la demande d’Amélie Van Esbeen. Son discours était ferme et sa décision d’arrêter l’alimentation ne laissait aucun doute quant à sa détermination.


Juger la souffrance  


Pouvaient-ils nier sa souffrance ? La chose paraît difficile d’autant que la souffrance qu’elle soit d’ordre physique ou psychique reste un élément subjectif : seule Mme Van Esbeen pouvait en effet juger de sa propre souffrance. Et sans parler des douleurs physiques, ne peut-on reconnaître à une personne la souffrance de devenir un être totalement dépendant des autres pour les moindres petits gestes quotidiens ? Rappelons que Mme Van Esbeen était clouée au lit avec comme seule perspective le plafond. Ce n’était pas plus un drame de la solitude : elle pouvait compter sur sa famille. Sa demande n’était donc pas motivée par un sentiment d’abandon.

 
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