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Hongrie: vote historique au Parlement européen

Hongrie: vote historique au Parlement européen

Au cours d’un vote historique, le Parlement européen a exprimé ce mercredi 12 septembre son rejet de la dérive autoritaire opérée depuis huit ans par le gouvernement de droite extrême du Premier Ministre hongrois Viktor Orbán.

Adoptée à une majorité de deux tiers, la résolution préparée par l’eurodéputée Verte néerlandaise Judith Sargentini initie les procédures prévues à l’article 7 du Traité sur l’Union Européenne. Cette procédure prévoit de possibles sanctions pouvant aller jusqu’au retrait du droit de vote au sein du conseil lorsqu’un Etat membre viole de manière sérieuse et durable les valeurs européennes de respect de la dignité humaine, de la liberté, de la démocratie, de l’égalité, de l’État de droit, des droits humains et des droits de personnes appartenant à des minorités.

Longtemps considéré comme « l’option nucléaire » en matière de politique européenne, l’article 7 peut être activé par la Commission européenne, un tiers des Etats membres ou le Parlement européen agissant à une majorité des deux tiers. Alors que fin 2017, la Commission européenne avait enclenché cette procédure à l’encontre du gouvernement polonais, les institutions européennes se bornaient, dans le cas de la Hongrie, à des procédures juridiques visant des mesures particulières prises par le gouvernement hongrois.

Ce sera une loi visant la stigmatisation des ONGs critiques du gouvernement et la tentative par l’exécutif de rendre impossible le fonctionnement de la très réputée – mais libérale – Université d’Europe Centrale qui, en mai 2017, achèveront d’unir les voix critiques d’un régime apparaissant de plus en plus autoritaire. Le Parlement européen votera une motion invitant sa Commission Liberté fondamentales à rédiger un rapport en vue de l’activation de l’article 7. C’est ce rapport qui a été adopté ce 12 septembre.

Si toutefois il est fort peu probable que la procédure aboutisse à de réelles sanctions – les prochaines étapes nécessiteraient d’abord une majorité de quatre cinquièmes puis l’unanimité au sein du Conseil de l’Union Européenne, organe réunissant les gouvernements des États membres – le Parlement européen est parvenu à adresser un message clair aux autres institutions européennes ainsi qu’à tous ceux qui seraient tentés de suivre Orbán dans sa dérive autoritaire.

Ce message est d’autant plus clair que, pour la première fois, le Parti Populaire Européen – la famille politique même d’Orbán dont le cdH et le CD&V sont également membres – s’est largement prononcée en faveur du rapport, rompant ainsi avec 8 années d’ambiguïté et de tensions internes et rejoignant les groupes de de gauche, les libéraux et les verts qui ont également voté en faveur du rapport à une majorité écrasante. Gageons que le Parti Populaire Européen saura poursuivre dans la lancée en initiant une procédure d’exclusion du Fidesz, le parti du Premier Ministre hongrois.

C’est à droite du Parti Populaire européen qu’Orbán aura trouvé le plus d’alliés. Le 11 septembre, lors d’un débat précédant le vote, de nombreuses voix issues du groupe des Conservateurs et Réformistes européens et des diverses factions d’extrême-droite, se sont élevées en sa faveur.

Parmi les députés européens belges, on déplorera sans s’en étonner que le Vlaams Belang ait voté contre la procédure de sanction. Mais plus préoccupante encore est l’abstention de la NVA lors du vote, venant confirmer qu’un régime autoritaire comme celui de la Hongrie trouve des défenseurs dans un des quatre partis composant le gouvernement belge.

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