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IVG en Pologne: le Centre d’Action Laïque répond la Commission des Épiscopats de l’Union européenne

IVG en Pologne: le Centre d’Action Laïque répond la Commission des Épiscopats de l’Union européenne

Le 22 février dernier, la Commission des Épiscopats de l’Union européenne (COMECE) a écrit au Président du Parlement européen, David Maria Sassoli, en réaction à l’adoption par le Parlement d’une résolution condamnant la quasi-interdiction de l’avortement en Pologne.

Les évêques européens s’inquiétaient notamment de ce que l’Union aurait outrepassé ses compétences avec cette résolution… comme si les droits des femmes et l’égalité entre hommes et femmes n’étaient pas des principes essentiels de l’Union !

Rappelons l’historique de l’affaire: en octobre 2020, la Cour constitutionnelle polonaise, contrôlée de fait par le pouvoir national-conservateur du PiS (Droit et Justice), rend un arrêt interdisant l’avortement en cas de malformation grave du fœtus, ce qui revient à l’interdire presque totalement. Une telle régression des droits des femmes est du jamais-vu dans l’Europe démocratique. De nombreux Polonaises et Polonais ont montré leur refus de cette décision odieuse dans des manifestations très suivies.

Dans une résolution historique, le Parlement a vivement condamné cet arrêt et le recul de la santé et des droits des femmes en matière de sexualité et de procréation, et affirmé qu’il met en péril la santé et la vie des femmes. Les députés européens ont également témoigné de leur soutien et de leur « solidarité à l’égard de milliers de citoyens polonais, en particulier les femmes et les personnes LGBTI+ polonaises, qui, malgré les risques sanitaires, sont descendues dans la rue pour protester contre de graves atteintes à leurs libertés et à leurs droits fondamentaux ».

En attaquant cette résolution, la COMECE a apporté son soutien au pouvoir en place à Varsovie, qui est très lié aux segments les plus réactionnaires de l’Église catholique polonaise.

Le Centre d’Action Laïque a donc aussi adressé un courrier à M. Sassoli pour répondre aux arguments avancés par la COMECE, qui ignorent les droits des femmes et méconnaissent les avancées du droit sur ce sujet. Depuis plusieurs décennies déjà, l’Union européenne est davantage qu’une union se limitant à l’économie. Elle est union de valeurs, parmi lesquelles figurent « le respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme », qui incluent bien sûr les droits des femmes. Le Parlement européen est donc entièrement dans son rôle quand il condamne une régression grave des droits fondamentaux dans un Etat membre.

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