Raissa Yowali n’aime pas les étiquettes. « Si je suis Nous, y’a un Elleux et de là à glisser du regard en chien de faïence à l’affrontement ouvert, suffit d’un rien, d’un accident. » écrit-elle dans son dernier ouvrage « Les mille soleils de Busu Jano » paru à « L’arbre de Diane ». Auteure, dramaturge et interprète belgo-congolaise, Raissa Yowali nous explique qu’elle n’aime pas les étiquettes ni les drapeaux, mais « qu’il y a des couleurs qu’il faut qu’on porte pour pas que ça disparaisse », des couleurs qui « sont l’écho des peuples qu’on chasse et qu’on efface ».
Dans cet entretien qu’elle nous a accordé à La Bellone à Bruxelles, elle nous parle de l’importance des racines, de Busu Jano, cette vieille bâtisse qui siège au cœur du quartier de Kasa Vubu à Kinshasa, mais aussi de Bruxelles, d’art, d’écriture, de racisme, de liberté et de queerness. Un regard poétique, dur mais plein d’espoir, sur notre société.
Direction la République Démocratique du Congo, et plus particulièrement la région du Kivu qui vit une crise humanitaire et une guerre sans fin. Les soldats du M23 sont entrés dans Goma et dans Bukavu. Le Mouvement du 23 mars est le dernier avatar des guérillas congolaises à dominante tutsi soutenues par le Rwanda et l’Ouganda voisins, nombreuses dans l’histoire tourmentée de l’est du Congo. Le M23 est d’ailleurs né, en 2012, d’une mutinerie d’anciens combattants du Congrès national la défense du peuple (CNDP) qui accusaient le gouvernement de Kinshasa de ne pas respecter les clauses de l’accord – signé le 23 mars 2009 – qui avaient permis leur intégration au sein de l’armée congolaise. On tente de décrypter les enjeux de ce conflit avec nos invités et de voir comment on peut agir sur le terrain.
Invités : Maddy Tiembe, Présidente de l’association Afede (Actions des Femmes pour le Développement) qui soutient des femmes et des enfants sur place et François Ryckmans, journaliste et auteur
Douze ans après, les voilà de retour à Goma. Lundi 27 janvier, les combattants du Mouvement du 23 mars (M23) sont entrés dans la capitale régionale du Nord-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Avec l’aide de son parrain rwandais, le M23 contrôle aujourd’hui un territoire d’environ 10 000 kilomètres carrés et les populations sont en grand danger.
Invités: Maddy Tiembe, Présidente de l’association « Action des femmes pour le développement » et François Ryckmans, journaliste et spécialiste de l’Afrique depuis plus de 30 ans.
Si vous souhaitez soutenir l’AFEDE:

Focus sur un conflit qui fait rage depuis près de 30 ans au Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Ce conflit qui voit s’affronter plusieurs milices armées et l’armée officielle congolaise, pour mettre la main notamment sur les richesses du sol congolais, ne peut pas être dissocié de la corruption et de la contrebande minière, des pillages, des conflits d’intérêts et du trafic d’influences qui se déroulent dans ces concessions minières. A l’occasion de l’opération 11.11.11 qui se déroule du 7 au 17 novembre, le CNCD – 11.11.11 interpelle sur les atteintes aux droits humains en RDC, sur le rôle de la société civile et sur le fait qu’il ne peut y avoir de développement sans paix.
Invités: Vital Nshimirimana, chargé de programme Afrique au CNCD-11.11.11, le Centre national de coopération au développement qui organise l’opération 11.11.11, et Blaise Bulambo Bubala, directeur des programmes d’ACADHOSHA (Action des chrétiens activistes des droits de l’Homme à Shabunda), partenaire du CNCD sur place.
Nous vous proposons une rencontre avec Pascal Tshiamala. Médecin spécialiste en hépato gastro entérologie, coordonnateur du Programme National de Lutte contre les Hépatites Virales en République démocratique du Congo, il vient d’être élu à la tête d’Humanisme et Solidarité. Une association apolitique et non confessionnelle basée à Kinshasa qui vise notamment à assurer aux jeunes Congolais une éducation fondée sur la raison, l’indépendance d’esprit et la liberté de conscience. Pour Pascal Tshiamala, investir dans l’école publique laïque en RDC, c’est aussi investir dans le vivre ensemble et dans la lutte contre la pauvreté. Il aborde également dans cet entretien son combat pour la prévention des hépatites et son désespoir par rapport au conflit dans le Nord-Kivu.
Comment allier transition énergétique et respect des droits humains ? C’est l’une des questions que l’on va se poser dans notre émission ce soir. Prenons l’exemple du cobalt. Minerai indispensable à la production des batteries lithium-ion qu’on trouve dans tous nos appareils électroniques, comme les smartphones et les ordinateurs. Mais aussi dans les voitures électriques et les installations de stockage d’énergie. La plupart des mines de cobalt se trouvent en République démocratique du Congo (RDC). Mais la population n’en tire que très peu des bénéfices. Au contraire, elle doit subir d’importants dégâts sociaux et environnementaux. Des initiatives se mettent en place pour plus de transparence et d’éthique dans les entreprises d’extraction depuis quelques années. Mais avec quels résultats ?
Invités: Jean Claude Katende, avocat au barreau de Lubumbashi en RDC, actif dans la promotion des droits humains, Président national de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme, vice-président de la Fédération internationale pour les droits humains et membre du Comité exécutif de l’ITIE, Initiative pour la transparence dans le secteur extractif de la RDC et Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD, Centre National de coopération au développement.
Plus d’un million de déplacés, des combats qui s’accentuent, des maladies comme le choléra qui se propagent à la vitesse de l’éclair : la situation au Nord-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, inquiète. Une catastrophe humanitaire est en cours, et la communauté internationale semble bien silencieuse. Notre émission tente de décrypter les enjeux et les forces en présence. Elle donnera également la parole aux associations humanitaires présentes sur place, qui lancent un appel à la solidarité.
Invités: Maddy Tiembe, présidente d’AFEDE, Action des femmes pour le développement. Une asbl active à l’est de la RDC depuis près de 20 ans. Et Jean-Claude Mputu, politologue, professeur de sciences politiques à l’université de Mbandaka en RDC et membre de la société civile congolaise.
Avec également un reportage réalisé dans un des camps de réfugiés du Nord-Kivu par Médecins sans Frontières.
L’Empire du silence, c’est le titre du dernier film de Thierry Michel qui dénonce les crimes de masse et les atrocités commises depuis plus de 20 ans en République Démocratique du Congo dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Un film qui entame en ce moment sa tournée congolaise… sauf s’il est finalement interdit. Le réalisateur belge et sa productrice sont en effet accusés de plagiat par des réalisateurs congolais. Un procès-bâillon et des accusations sans fondements qui visent à les faire taire selon leur avocat.
L’émission se penche sur l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes de masse à l’est du Congo. Impunité qui nourrit encore aujourd’hui d’autres atrocités. On retrace l’histoire pour mieux comprendre les enjeux actuels et le besoin de justice transitionnelle réclamée par de plus en plus de Congolais.
Invité: Luc Henkinbrant, docteur en droit, ancien directeur d’Amnesty International Belgique Francophone (1985-1995) et ancien coordonnateur de l’Unité de lutte contre l’impunité et de justice transitionnelle du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’Homme (BCNUDH) en RDC.
Nous entendrons également le témoignage de Thierry Michel, réalisateur, Alexis Deswaef, avocat et vice-président de la Fédération internationale des Droits de l’Homme et Christian Liongo, secrétaire général de Conscience congolaise pour la paix, Kopax. Une association internationale qui milite pour la mise en place d’un tribunal pénal international sur le Congo.