Nos démocraties sont en crise, ce n’est un secret pour personne. Et si la solution était d’enchâsser la démocratie représentative dans la démocratie directe, en s’inspirant de l’exemple suisse? La démocratie suisse combine en effet depuis deux siècles: élus, partis et souveraineté populaire grâce aux référendums et aux initiatives populaires. Nos invités démontrent et illustrent comment l’implication des citoyens jusque dans la décision est possible, souhaitable et constitue la meilleure voie pour combler le « fossé » grandissant entre citoyens et politiques.
Invités: Caroline Sägesser, Chercheuse Socio-politique du CRISP, et Olivier Petit, Philosophe et membre fondateur DémocratieXXL
Ce samedi « Libres, ensemble » reçoit Fabrice Humbert, écrivain et professeur de littérature française. Auteur de dix romans, traduits dans de nombreux pays, dont Origine de la violence, porté à l’écran par Elie Chouraqui. Il nous présentera son nouvel ouvrage: « De l’autre côté de la vie » sorti en cette rentrée littéraire de septembre chez Calman Lévy.
Une histoire fictive proche d’une certaine réalité, l’occasion de parler avec lui de l’état de santé de nos démocraties.
Pour fuir un Paris que l’on dit bientôt prisonnier d’une guerre civile, un père embarque ses enfants dans une voiture trouvée non loin d’un garage en feu. Il veut à tout prix rejoindre la République Libre du Jura. Un road movie intense et épique pour un père banal et inoffensif. « Nous étions tous inoffensifs et nous aurions du le rester pour demeurer des hommes »
Les atteintes à l’État de Droit sont de plus en plus nombreuses et dangereuses un peu partout dans le monde. Attaques contre des juges, mainmise sur les grands médias, instrumentalisation de la politique pénale, mise au pas des associations de défense des droits de l’homme, développement des outils de surveillance et de contrôle… Les moyens sont variés mais obéissent au même objectif : casser l’État de droit pour mieux asseoir le pouvoir du leader et de son clan, au prix des libertés fondamentales et de la démocratie.
Invité: Patrice Spinosi, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation en France, défenseur des libertés fondamentales, qui intervient régulièrement dans les plus hautes juridictions françaises et européennes. Il nous parle de son dernier ouvrage « Menace sur l’État de Droit » aux éditions Allary.
La 5e vague du rapport « Noir, Jaune, Blues » de la Fondation « Ceci n’est pas une crise » est sorti. Et selon cette enquête, plus de la moitié des Belges souhaite un leader fort « pour remettre de l’ordre ». On décrypte les résultats de l’enquête dans notre émission et les phénomènes de fond qui peuvent expliquer cette envie d’une gouvernance autoritaire. On se demandera également pourquoi les narratifs de la gauche ne parlent plus aux classes populaires.
Invités : Carine Thibaut, Directrice générale d’Amnesty International Belgique francophone et Jérôme Van Ruychevelt Ebstein, Militant et communicant politique, investi dans les mouvements sociaux en Belgique et auteure de l’étude « Pourquoi les narratifs de gauche ne touchent plus les classes populaires ? »
Nos démocraties actuelles sont traversées violemment par les insécurités : physiques, affectives, financières, climatiques et environnementales mais aussi identitaires. Ces insécurités constituent le moteur du conservatisme face aux changements et aux progrès sociétaux. Elles nourrissent les replis sur soi, le rejet de l’altérité mais sont aussi la cause ou la conséquence de bien des discriminations.
Invité: Thomas Gillet, Philosophe, éthicien, maître-assistant en philosophie à la Haute École de Bruxelles-Brabant (HE2B) et auteur du livre « Identité·s. Les démocraties à la croisée des chemins » publié aux Editions Espace de Libertés.
Entretien avec Nicolas Bouzou, consultant en économie, essayiste et éditorialiste, qui publie un livre « La civilisation de la peur – Pourquoi et comment garder confiance dans l’avenir? » aux éditions XO. L’auteur nous invite à résister aux catastrophismes. Rien ne nous dit selon lui que 2050 ne verra pas la démocratie étendue, le travail moins pénible, et que l’humanité n’aura pas pu freiner le réchauffement climatique. un bol d’optimisme vous attend avec ce manuel de résistance.
« Poutine fera la guerre. Je ne sais pas quand, mais il la fera. Et les Européens seront alors surpris de découvrir que cette guerre les vise aussi…» Anna Politkovskaïa en 2005.
Ainsi commence le nouvel ouvrage de Raphaël Glucksmann, « La Grande Confrontation », aux Editions Allary, comme un hommage à cette grande journaliste russe abattue dans le hall de son immeuble fin 2006. Un livre également dédicacé à son père André Glucksmann..
La grande confrontation, c’est celle qui oppose Poutine et l’Occident. Il faut la comprendre pour la dégoupiller, nous dit l’auteur, mais en sommes-nous capables ? Que représente Poutine face à nos démocraties aujourd’hui ? Et quel rôle peut jouer l’Union européenne, dont plusieurs députés se sont laissés corrompre par des puissances étrangères?
Invité: Raphaël Glucksmann, essayiste et député européen, président de la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne
Comment la démocratie pourrait-elle se réinventer et quels rôles pour les citoyens ? Quelle est la capacité de nos démocraties à répondre aux enjeux environnementaux et sociaux ?
Voici quelques-unes des questions qui ont été posées le week-end dernier à Namur dans le cadre de la Fête des Solidarités. Une agora a réuni des centaines de citoyens, prêts à réfléchir au sens de notre démocratie, à ses enjeux, à ses menaces et à la manière de la faire évoluer. Notre modèle démocratique peine en effet à offrir des réponses face à la montée des extrémismes et aux enjeux environnementaux et sociaux. Selon l’étude annuelle livrée par Solidaris, “70 % des Belges francophones ont l’impression que le système démocratique fonctionne plutôt mal”.
Invités: Sarah de Liamchine, présidente de Solidaris Wallonie, Adélaïde Charlier, activiste et membre de Youth for climate, David Van Reybrouck, écrivain et fondateur du G1000 et Françoise Tulkens, ancienne juge à la Cour européenne des Droits de l’Homme.
Réfléchir ensemble à comment (re)faire société, c’est aussi l’objectif de la Convention laïque qui se déroulera à la Sucrerie à Wavre les 7 et 8 octobre 2022. En deuxième partie d’émission, Hervé Parmentier, secrétaire général adjoint du Centre d’Action Laïque, nous explique les constats qui ont amené le mouvement laïque à se poser cette question et nous décrit les 7 thématiques qui seront abordées lors de cette grande Convention participative. Toutes les infos sur: https://convention2022.laicite.be/
A quoi ressemblera la Belgique de demain ? Qui devrait avoir quels pouvoirs ? Les citoyens devraient-ils être plus directement impliqués dans la politique ? Faudrait-il revoir notre système électoral ? Ou encore faut-il ajouter ou supprimer des droits fondamentaux à ceux déjà inscrits dans la Constitution ?
Voici quelques-unes des questions que le gouvernement fédéral adresse aux citoyens via une grande consultation populaire sur le site Un pays pour demain. Une façon d’écouter la voix des citoyens, de réduire le fossé entre politiques et citoyens et de redonner vie à notre démocratie quelque peu fatiguée.
Que penser de cette initiative ? Et quelles autres pistes de solutions mettre en place pour redonner une vitalité à notre système démocratique ? On en parle avec Jérôme Sohier, avocat, maître de conférence à l’ULB et auteur de « Système électoral, État particratique, régime représentatif: 10 propositions pour réformer la démocratie belge » publié chez Anthemis.
Dans son dernier livre « Krasnaïa », le philosophe Raphaël Enthoven interroge la démocratie qui, mal comprise, peut tuer la démocratie. Il s’inspire et actualise la célèbre « Ferme des animaux » de George Orwell pour pointer les failles de nos sociétés et les risques de l’hyper-démocratie. A Krasnaïa, après avoir chassé les humains, les animaux se sont organisés en une société ultra-démocratique, tellement obsédée par les droits de chacun et le dialogue permanent qu’elle se mue en une dictature. De Zemmour à Trump, Raphaël Enthoven n’est pas tendre envers celles et ceux qui remettent en cause la démocratie par la démocratie elle-même.