Le 27 janvier 1945, le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau était libéré par l’Armée Rouge. 80 ans plus tard, quel travail de mémoire peut-on, doit-on encore faire aujourd’hui ? Quel héritage transmettre des ces années noires aux générations futures ? Alors que le 27 janvier est devenu Journée internationale de commémoration des victimes de l’Holocauste, journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, et alors qu’on vit une période particulièrement troublée où l’extrême droite rencontre des succès partout dans le monde, nos invités nous rappellent l’importance du travail de mémoire.
Invités: Pauline Szafarz- Blumenfeld, survivante de la Shoah. Née en octobre 1933 à Bruxelles dans une famille juive, elle a été une enfant cachée pendant la Seconde Guerre mondiale. Pierre-Alain Gysens, artiste, photographe et vidéaste, auteur de l’exposition « Your heritage » à voir au Centre d’Action Laïque de Charleroi jusqu’au 21 février. Et Philippe Luckx, directeur du CAL Charleroi, qui accueille cette expo et travaille sur le devoir de mémoire.
Dans « (Grands-)mères en lumière », 8 femmes transmettent l’histoire de leurs aînées afro-descendantes et maghrébines. Elles racontent le parcours d’exil de leur mère ou grand-mère, leur sentiment d’appartenance à une double identité et l’importance des racines culturelles qui les lient à leur maman. Ces récits intimes et puissants, issus d’un projet mis en place par l’asbl « ParagraFes », ont été compilés dans un livre et lus devant un public à l’Espace Magh afin de transmettre ces histoires toutes aussi singulières les unes que les autres.
Parmi les autrices de ce livre, paru aux Éditions MaelstrÖm reEvolution, il y a Juliette Berguet. Elle nous a ouvert la porte de ses souvenirs dans ce portrait intimiste signé Nicolas Franchomme.
Entretien avec Thibault de Montaigu, journaliste et romancier, auteur de « Cœur » publié chez Albin Michel qui vient de recevoir le Prix Interallié 2024. Son roman évoque la figure du père, la transmission, l’héritage, mais aussi le devoir de Mémoire et la fin de vie. Tout commence par une histoire familiale, celle d’un grand-père mort en héros dans la dernière charge de cavalerie de l’histoire de France au tout début de la Première Guerre mondiale. C’est une véritable enquête journalistique que Thibault de Montaigu mène ensuite pour comprendre les dessous de cette mort et de ses secrets de famille. Une histoire qui l’amène à s’interroger sur le rôle de son père, le rôle des pères en général, et le poids de la transmission générationnelle.
Le 19 avril 1943, le XXe convoi quitte le camp de transit de Malines pour conduire 1 631 déportés juifs vers Auschwitz. Grâce à des actions de résistances menées à la fois depuis l’intérieur et l’extérieur des wagons, 236 personnes parviennent ce jour-là à sauter du train. 80 ans plus tard, l’exposition « Land(e)scapes from the twentieth Convoy » retrace le chemin parcouru par ces rescapés à travers champs en pleine nuit. Une exposition à voir au Musée juif de Belgique jusqu’au 14 août.
Invité: Jo Struyven, photographe qui a réalisé ce travail de mémoire. Ses photographies sont exposées aux côtés d’une sélection de peintures de Luc Tymans.
Le Centre d’Éducation à la Citoyenneté du CCLJ vient de développer une valise pédagogique autour du livre « Sophie, l’enfant cachée ». Une façon d’aborder la Shoah avec les élèves de 10-12 ans sans plonger directement dans l’horreur. Cette valise racontent l’histoire des enfants juifs qui ont échappé à la déportation et à une mort quasi certaine pendant la Seconde Guerre mondiale car ils ont été cachés dans des familles de résistants. Raconter leur histoire, c’est aussi assurer une transmission, un travail de mémoire et sensibiliser aux risques du racisme, de l’antisémitisme et du rejet de l’autre.
Invitées: Regina Sluszny, enfant cachée, vice-présidente de l’asbl Enfant caché et présidente du Forum des organisations juives, Zora Vardaj, animatrice socioculturelle au Centre d’Éducation à la Citoyenneté du CCLJ, et Thérèse-Louise Selvais, institutrice primaire
Pour obtenir des informations sur cette valise pédagogique: https://www.lahainejedisnon.be/valise-p%C3%A9dagogique-sophie-l-enfant-cachee
Plus de 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’anciens collaborateurs belges du régime nazi touchent toujours une pension payée par l’Allemagne. Une pension garantie par un décret d’Adolf Hitler de 1941. Les collaborateurs étaient considérés comme des soldats allemands et il s’agissait de récompenser « leur loyauté, leur fidélité et leur obéissance » au régime nazi. Et ce droit n’a jamais été remis en cause par l’Allemagne. Comment l’expliquer ? Une résolution parlementaire a été votée en 2019… avec quelles conséquences ?
Invité: Dr. Yves Louis, médecin et président du Groep Herrening – Groupe Mémoire