Pour une écologie de l’éducation

Technologie, environnement, solidarité

Religion séculière de la modernité, le progrès fait partie de ces notions ordinairement placées à l’abri de tout questionnement critique. Qui oserait, aujourd’hui, aller contre le progrès, parler contre le progrès? Ses dégâts sont pourtant partout visibles, qu’ils soient environnementaux ou sociaux.

Envisager de les réparer est une chose; les prévenir en serait une autre, non seulement plus efficace, mais moralement plus acceptable. L’éducation a, à cet égard, un rôle décisif à jouer, pour autant que, sans se laisser réduire à la transmission de simples « compétences » instrumentales, elle s’ouvre aux questions touchant aux technologies, à l’environnement et à la solidarité – c’est-à-dire à un point de vue écologique sur l’ensemble des matières enseignées.

Au-delà de l’opposition caduque entre individualisme compétitif et étatisme totalitaire, cette triple éducation constituerait, en ce sens, la condition préliminaire à l’émergence, au profit de tous, d’une citoyenneté cosmopolite.

L' auteur

Paul Gimeno

Paul Gimeno, docteur en philosophie morale de l’Université de Gand avec une thèse intitulée Critique de la raison écologiste. La raison normative face à la crise gouvernementale. De l’ontologie au politique, a consacré sa carrière de chercheur et d’enseignant aux questions relatives à l’éthique contemporaine, à l’anthropologie philosophique, à l’écologie politique et aux fondements théoriques de l’éthique environnementale.