Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS)

L’éducation à la vie relationnelle, sexuelle et affective (EVRAS) est depuis longtemps une priorité pour le Centre d’Action Laïque. L’EVRAS s’articule intimement au droit à une sexualité libre, à la question de l’émancipation de l’individu et à la liberté de disposer de son corps. Depuis 2012, l’EVRAS est inscrite dans le décret définissant les missions prioritaires de l’école en Fédération Wallonie Bruxelles. Pourtant, beaucoup d’élèves n’en bénéficient pas encore.

Oser parler de sexualité

Aujourd’hui, le cadre légal reste flou et les directions d’établissements peuvent organiser l’EVRAS comme bon leur semble, notamment en choisissant librement leurs opérateurs extérieurs pour les animations. Dans certaines écoles, les élèves bénéficient d’animations professionnelles et complètes (données par les Centres PMS, les plannings familiaux, des associations agrées…), ailleurs, tous les thèmes liés à la sexualité seront soigneusement évités. Cette omission peut avoir des raisons multiples: public scolaire, caractère confessionnel de l’école, manque de moyens… Pire, certaines écoles font le choix de travailler avec des associations catholiques diffusant des informations fausses et rétrogrades sur la contraception, l’IVG ou l’homosexualité (1).

En refusant d’envisager la sexualité comme un comportement somme toute naturel, les conceptions religieuses et traditionnelles du rapport au plaisir et de la relation à l’autre perpétuent non seulement une discrimination millénaire envers les filles, mais enferment aussi les garçons dans des rôles assignés dont les effets néfastes sont évidents.

Information et sensibilisation

Pourtant, comme le soulignent tant l’OMS que l’ONU, l’EVRAS est un outil indispensable pour tendre à plus d’égalité. L’EVRAS permet non seulement d’informer sur la contraception et l’avortement, mais également d’aborder des thèmes qui touchent les jeunes, dans quelque milieu qu’ils vivent, comme la violence, l’intégrité physique, le sexisme, les stéréotypes, l’orientation sexuelle, les droits sexuels et reproductifs et l’égalité de genre.

La généralisation auprès des jeunes d’espaces d’échanges et d’informations sur la vie sexuelle et affective reste donc, aujourd’hui comme hier, un combat laïque majeur qui croise enjeu de santé publique et éducation à la citoyenneté, afin de garantir une égalité de droits à tous les enfants et adolescents, quel que soit leur milieu socio-culturel et religieux.

 


(1) Lire « L’ÉVRAS: le refus d’un label de qualité ouvre la porte aux dérives« , Espace de libertés n°460, juin 2017