Il n’y a pas de jeunes à problèmes, mais des jeunes en difficultés dans une société à problèmes. C’est le message que veulent faire passer les actrices et acteurs du projet « Ruptures : les jeunes en parlent », du Forum – Bruxelles contre les inégalités. Avec l’école, avec leur famille, avec leur lieu de placement, avec la justice ou avec la société en général: les ruptures rencontrées par les jeunes peuvent être de différents types et souvent se cumulent. Quelles sont les difficultés qui amènent à une rupture ? En quoi ces ruptures vont déterminer le parcours du jeune ? Et surtout: comment les prévenir ? Ce sont les questions auxquelles des travailleurs sociaux, des chercheurs mais aussi des jeunes ont tenté de répondre pendant plusieurs mois.
Invités: Lucie Augsbourger, chargée de projet au Forum – Bruxelles contre les inégalités, ainsi qu’Elisa et Yanis, 2 jeunes qui ont participé au projet, qui ont témoigné de leur parcours dans une série de podcasts et qui ont réfléchi activement à des recommandations.
Pour écouter les podcasts et en savoir plus sur le projet: https://www.le-forum.org/news/158/7/Il-ny-a-pas-de-jeunes-%C3%A0-probl%C3%A8mes
William (nom d’emprunt) est ce qu’on appelle un jeune dessaisi. Il a commis des faits graves lorsqu’il avait 16 ans. La justice des mineurs a considéré qu’elle ne pouvait plus rien pour lui et l’a renvoyé vers une Cour d’assises. Une pratique dénoncée depuis près de 30 ans par le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies. La Convention internationale relative aux droits de l’enfant stipule en effet que toute personne âgée de moins de dix-huit ans doit bénéficier d’une justice adaptée à son âge.
De sa rencontre avec Isabelle Seret, intervenante en sociologie clinique et récit de vie, est né un livre: William ou le sens de la peine, publié aux Editions Academia. Avec tout le respect que l’on doit aux victimes et aux proches, sans jamais excuser ni justifier les faits, le récit pose la question du sens : quel sens cela a-t-il d’enfermer un garçon si jeune pendant si longtemps ? Quel sens cela a-t-il pour lui ? Mais quel sens cela a-t-il aussi pour les victimes et la société dans son ensemble si aucun travail de réparation n’est entamé ?
Invités: Isabelle Seret, coauteure du livre, et Jacques Fierens, professeur émérite à l’Université de Namur, spécialiste des questions liées aux droits des enfants et avocat de William.
Avec aussi les témoignages et lectures de Solaÿman Laqdim, Délégué général aux droits de l’enfant, Manza, artiste rappeur-slameur, et Laurence Vielle, poétesse qui préface le livre.
Nous allons pousser les portes des IPPJ dans cette émission et donner la parole aux jeunes qui y séjournent, au-delà de nos yeux, loin des regards extérieurs. Les IPPJ, Institution Publique de Protection de la Jeunesse, sont au nombre de 6 en Fédération Wallonie-Bruxelles et accueillent des jeunes en conflit avec la loi. Sans minimiser la gravité des faits qui ont pu être commis ni la douleur des victimes, l’émission s’intéresse au vécu de ces jeunes et au travail mis en place pour les réhabiliter, les resocialiser.
Invités: Jonas Luyckx, réalisateur et animateur au Zététique Théâtre (Zet) qui mène depuis plusieurs années un projet artistique en IPPJ intitulé « Au-delà de nos yeux ». Mélange de témoignages et de fictions, ces films sont le fruit d’un travail mené avec les jeunes au sein des institutions et sont diffusés notamment dans les hautes écoles. Nolan Masure, conseiller laïque en IPPJ, sera également sur le plateau.
Rien que sur Bruxelles, plus de 500 enfants sont en attente d’un placement. Les services d’aide à la jeunesse et de protection de la jeunesse sont littéralement saturés. Obligés de bricoler, de trouver des solutions bancales et de laisser parfois des enfants en famille alors qu’ils y sont en danger, les travailleurs et travailleuses du secteur alertent depuis des mois sur le manque de places et de personnel qualifié. La Ministre de l’Aide à la Jeunesse promet la création d’au moins 100 prises en charge supplémentaires en famille d’accueil et minimum 50 prises en charge supplémentaires dans des services d’accompagnement. Mais le secteur demande plus de places d’hébergement et une réponse globale à une question qui devrait toucher la société dans son ensemble.
Invités: Michèle Meganck, Juge de la jeunesse au tribunal de Bruxelles, Joëlle Piquard, Conseillère f.f. au Service de l’Aide à la Jeunesse de Liège, et Antonio Frau, Directeur général du Pensionnat Henri Jaspar (Service résidentiel d’urgence, service résidentiel général et Service d’accompagnement) et porte-parole du Collectif des acteurs de l’aide et de la protection de la jeunesse bruxellois.
Donner une voix aux enfants, les écouter vraiment et les faire participer aux débats publics, c’est le mot d’ordre de Bernard De Vos depuis son arrivée comme Délégué général aux Droits de l’enfant il y a 14 ans. Alors qu’il s’apprête à quitter sa fonction, il nous parle des avancées obtenues mais aussi de tous les obstacles que rencontrent les jeunes aujourd’hui. De l’école aux camps syriens, les droits des enfants continuent à être bafoués.
Quelles difficultés les jeunes rencontrent-ils aujourd’hui ? Quelles sont leurs attentes par rapport à l’école ? Comment appréhendent-ils leur 18 ans et les responsabilités qui les accompagnent ? Autant de questions que les AMO (services d’actions en milieu ouvert) bruxelloises ont voulu poser aux premiers intéressés. Lors d’une journée Interpell’Action, elles ont donné la parole à une centaine de jeunes. Et elles les ont invités à débattre avec des travailleurs sociaux et des décideurs politiques. Des jeunes trop peu souvent écoutés et entendus qui en ont profité pour imaginer des pistes d’actions concrètes à mettre en place.
Invités : Lamia En Mansouri, élève bruxelloise de 17 ans, Albin Bakiu, élève schaerbeekois de 18 ans, et Marc De Koker, directeur de l’AMO Rythme à Anderlecht et co-président du Conseil de prévention de l’arrondissement de Bruxelles.
La maison de Repos et de Soins des Acacias à Molenbeek met en place la première école des devoirs intergénérationnelle.
Les seniors de la résidence ont l’occasion d’assister les jeunes écoliers pour leurs devoirs, d’organiser des jeux de société mais aussi d’avoir des discussions autour de différents sujets de sociétés pour leur inculquer certaines valeurs civiles…
Masques, gestes barrières, contacts sociaux limités: les jeunes ont repris le chemin de l’école et des universités dans des conditions difficiles. Une anxiété latente s’est installée chez bon nombre d’entre eux. Le décrochage scolaire s’est accentué après 6 mois sans école. Et le fossé se creuse en matière d’inégalités. Mais le secteur de l’aide à la jeunesse se mobilise pour soutenir les jeunes. Quel rôle peuvent-ils jouer? Et comment renouer avec cette jeunesse touchée de plein fouet par la Covid?
Invité: Jacques Duchenne, président de la FLAJ, la Fédération Laïque d’Aide à la jeunesse et directeur du service AMO de Jodoigne