Communiqués de presse

Pas une de plus. Ensemble, éliminons les violences faites aux femmes!

Pas une de plus. Ensemble, éliminons les violences faites aux femmes!

À l’occasion du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Centre d’Action Laïque veut alerter sur la réalité de ce fléau qui gangrène tous les rouages de note société et n’épargne pas les plus vulnérables, les enfants. Cette année, sur le territoire national, au moins 20 femmes ont été tuées par un proche; un chiffre approximatif, basé sur les articles de presse, l’Etat belge ne fournissant pas de statistiques officielles.


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Violence psychique, emprise, dépendance financière, isolement social, coups et blessures, meurtres et assassinats s’augmentent quasi systématiquement de violences sexuelles.

81% des violences sexuelles sont subies avant l’âge de 18 ans, 51% avant 11 ans et 21% avant 6 ans. Les violences sexuelles sur des mineurs sont commises dans 94% par des proches, et s’exercent majoritairement sur les filles qui sont 3 à 4 fois plus à risque que les garçons.

Ainsi, cibles de prédateurs et d’agresseurs dès l’enfance, les filles devenues femmes sont repérées par des hommes dominateurs qui décèlent leurs fragilités pour mieux les entraîner dans une spirale d’agressions multiformes. Le déni généralisé de ces violences par la société toute entière, protège les agresseurs.  Et le confinement, à cause de la promiscuité qu’il a induit dans le cercle familial, a fait exploser ce phénomène.

Plus d’1 femme sur 3 a subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans.

Pour rappel les chiffres en Belgique sont effarants: plus d’1 femme sur 3 a subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans (1). Un quart des femmes sont ou ont été violentées par leur (ex-)partenaire -! Près d’un enfant sur deux, exposé aux violences conjugales est lui-même victime de maltraitances physiques, et tous ceux qui ont vécu dans une famille violente sont plus à risque de devenir eux-mêmes ensuite victime ou auteurs.

Il est plus qu’urgent de faire face à ce défi, notamment par une réelle politique de détection précoce, car plus le temps passe, pour l’augmentation systémique des violences est inéluctable.

La violence représente aussi un énorme coût pour la société: 16 milliards d’euros par an au niveau européen, et une estimation de 288 millions d’euros rien que dans le domaine du travail en Belgique. Ce coût a un impact sur la société dans son ensemble (santé, emploi, etc.).  C’est pourquoi il faut que ce combat soit mené de manière transversale, en impliquant tous les ministères concernés.

La violence envers les femmes ne concerne pas que les femmes!

Les périodes de confinement ont dramatiquement aggravé la situation des femmes qui n’ont plus la possibilité de sortir, de trouver de l’aide ou de l’écoute hors du domicile où elles sont isolées et coincées avec un partenaire de plus en plus agressif. Les chiffres des lignes d’écoute le démontrent: les appels au secours ont doublé pendant le premier confinement!

Les appels au secours ont doublé pendant le premier confinement!

Malgré la ratification de la Convention d’Istanbul par notre pays en 2016, 80% des articles de la Convention restent peu ou pas appliqués. Le Centre d’Action Laïque demande une réelle mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, un investissement financier en amont, ainsi qu’une sensibilisation dès le plus jeune âge via les cours d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS).

 


(1) Source: « Violence à l’égard des femmes: une enquête à l’échelle de l’UE », Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), 2012.

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