Des libertés fondamentales telles que la liberté de circuler, de se réunir, d’être éduqué ont été atteintes de façon inédite depuis le début de la crise sanitaire. Et selon notre invité, ni les parlementaires, ni les juges, ni les médias n’ont joué le rôle de garants de la démocratie que l’on aurait pu attendre d’eux. Comment un objectif de santé publique a-t-il pu faire vaciller les principes fondateurs de l’État de droit démocratique et ceux de la démocratie représentative ?
Invité: Nicolas Thirion, Professeur ordinaire à la Faculté de droit, de science politique et de criminologie de l’Université de Liège et auteur de « La pandémie par les Nuls » publié aux Presses Universitaires de Louvain.
Moins directement perceptible que la Covid-19, un autre danger menace nos démocraties : le basculement d’un Etat de droit à un état d’exception, et la perte de nos libertés fondamentales. Même si aujourd’hui un avant-projet de loi dit « loi pandémie » est en discussion au Parlement, en commission de l’Intérieur, pour offrir une base légale plus transparente à la gestion de la crise, les inquiétudes restent nombreuses. Pour nos invités, les arrêtés ministériels pris depuis un an contreviennent allègrement aux principes de légalité, de sécurité juridique et de proportionnalité constitutifs de l’Etat de droit.
Invités: Nicolas Thirion, professeur de droit à l’Université de Liège, spécialisé notamment en Théories du droit, et Jacques Englebert, avocat spécialisé en droit des médias et en droit d’auteur, professeur à l’ULB, dont le client, Quentin Dujardin, guitariste, a fait bouger les lignes il y a quelques semaines en organisant un concert dans une église, pour défendre sa liberté d’expression. Concert qui a été interrompu par la Police. Il s’est aujourd’hui joint à l’action de la Ligue des droits humains contre l’Etat belge devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Une action qui porte sur la légalité et la constitutionnalité des arrêtés ministériels pris pour lutter contre la crise sanitaire.
Lors des dernières élections fédérales, plus de 1,39 million d’électeurs ne se sont pas déplacés ou ont voté blanc ou nul. Ce chiffre est historique et représente 16,98 % des 8,2 millions d’électeurs belges. Notre pays est qualifié de « démocratie imparfaite », non pas au niveau du respect de l’État de droit, mais par sa gouvernance, sa culture politique apathique et son faible niveau de participation politique. Pourtant ces derniers mois, la participation citoyenne est sur toutes les lèvres, notamment grâce à l’expérience inédite menée en Communauté germanophone. La Région bruxelloise est également tentée par une aventure similaire, de même que certaines communes. Peut on espérer raviver nos démocraties fatiguées grâce a la participation citoyenne?
Invités: Magali Plovie, Présidente du Parlement francophone bruxellois (Ecolo) et Dorian Feron, avocat et membre du Groupe du Vendredi, coauteur avec Paul Dermine du rapport « Et si la démocratie ne sortait pas que des urnes ?« .
Biden ou Trump: quel que soit le résultat, la société américaine ressort divisée des 4 ans de présidence de Donal Trump. Les tensions font rage entre les communautés. La violence est quotidienne. La démocratie américaine est-elle en péril? Quel avenir pour cette société divisée de toutes parts?
Invitée: Christine Ockrent, journaliste et auteure de La guerre des récits – Xi, Trump, Poutine : la pandémie et le choc des empires, publié aux Editions de l’Observatoire