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Humanists at Risk: rapport annuel sur les persécutions contre les non-croyants dans le monde

Humanists at Risk: rapport annuel sur les persécutions contre les non-croyants dans le monde

Le 25 juin, Humanists International (HI), dont le Centre d’Action Laïque est membre, a présenté son rapport Humanists at Risk sur les risques encourus par les humanistes, athées, libre-penseurs ou rationalistes du seul fait de leur convictions.

La présentation du rapport a – virtuellement – réuni Gary McLelland et Emma Wadsworth-Jones, de HI, et Ahmed Shaheed, Rapporteur Spécial de l’ONU sur la liberté de religion et de croyance. Le rapport porte sur la situation des humanistes dans huit pays : la Colombie, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines et le Sri Lanka.

Les nombreux témoignages de personnes persécutées ou discriminées en raison de leurs convictions humanistes montre que le combat laïque reste plus que jamais une urgence. Dans de nombreux pays du monde, les humanistes athées sont persécutés, menacés de prison ou de mort, discriminés, du seul fait de leurs convictions. Un droit aussi fondamental que la liberté de conscience est quotidiennement violé.

Malgré les différences entre les pays étudiés, les auteurs du rapport ont observé que deux traits communs apparaissent : l’invisibilité des humanistes et les attaques contre les opinions minoritaires.

En effet, souvent leur existence même est niée: l’absence de reconnaissance de la non-croyance en un dogme religieux signifie que les athées sont ignorés, juridiquement et socialement. L’invisibilité des humanistes dans de nombreux pays est la principale cause des discriminations auxquelles ils font face.

Cette situation explique aussi la difficulté d’obtenir des informations fiables sur leur nombre et leur situation véritable, soulignée plusieurs fois par les auteurs du rapport. Comme l’explique un humaniste indonésien: “changer les lois discriminatoires et les campagnes sont très utiles, mais la simple reconnaissance de notre existence serait déjà assez importante pour commencer à changer les choses”.

L’absence de reconnaissance officielle des athées est une violation de leur droit à la liberté de conscience: ils sont souvent définis par rapport à leur appartenance supposée à une religion, et non d’après leurs convictions réelles.

Par ailleurs, les attaques contre les opinions minoritaires et les discriminations sont les plus fortes quand il existe une religion dominante conservatrice ou traditionaliste. Le danger est le plus grand quand la religion dominante bénéficie du soutien de l’État par le biais de lois incriminant le “blasphème” ou l’ “apostasie”.

Le rapport présente de nombreuses recommandations qui, bien sûr, diffèrent selon les pays. De manière générale, il est d’une importance fondamentale de supprimer les lois discriminant contre les humanistes et de reconnaître la liberté de conscience pour tous. HI a annoncé son projet de redynamiser la campagne End Blasphemy Laws, visant à faire abroger les lois incriminant la critique des religions.

Les auteurs ont également appelé à davantage de recherches sur la situation des humanistes dans le monde, encore largement ignorée.

Ce rapport est le fruit d’un travail remarquable de Humanists International, issu de son programme Humanists at Risk d’aide aux humanistes du monde entier en danger dans leur pays.

En général, on peut dire que pour être un humaniste… [au Pakistan] vous devez avoir le courage de tout perdre.

(humaniste pakistanais anonyme)

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