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Mémorandum | Politique pénale et pénitentiaire et enfermement

Mémorandum | Politique pénale et pénitentiaire et enfermement

Pour une politique réductionniste et digne des personnes incarcérées

Depuis de nombreuses années, le mouvement laïque mène des actions individuelles et collectives au sein et en dehors des prisons. Ces actions s’inscrivent dans une réflexion plus globale menée par le Conseil Central Laïque et ses partenaires sur la politique pénitentiaire et le système carcéral belge qui prévalent aujourd’hui et qui heurtent de front nombre de valeurs démocratiques.

Plus de 10.600 personnes sont détenues dans les prisons belges alors que la capacité moyenne est de 9.687 places. La surpopulation carcérale est endémique et structurelle. Depuis les années 80, elle a augmenté de 63% alors qu’en 10 ans, la criminalité a baissé de 15% en moyenne en Belgique et de près de 20% à Bruxelles. Les causes principales de cette surpopulation sont multiples et bien connues: recours trop important à la détention préventive et à la peine privative de liberté en général, allongement des peines et extension du filet pénal, insuffisance des libérations anticipées comme la libération conditionnelle par exemple.

Dans la majorité des établissements pénitentiaires, les conditions de détention sont déplorables et le peu de formation, de possibilité de travail et de projets préparant à la sortie rendent très difficile la réinsertion de ces personnes dans la société et donc la non-récidive. Par ailleurs, la Belgique se fait condamner, à intervalles réguliers, par divers organes européens et internationaux de protection des droits de l’Homme (Cour européenne des droits de l’Homme, Comité anti-torture de l’ONU, Comité européen de prévention de la torture et des traitements inhumains ou dégradants du Conseil de l’Europe), sans opérer ensuite de véritables changements.

Le Centre d’Action Laïque propose de changer de paradigme notamment en réformant en profondeur le Code pénal afin que la peine de prison ne puisse être prononcée qu’en dernier ressort et que les alternatives à la détention soient véritablement investies. Par ailleurs, le Centre d’Action Laïque dénonce la volonté de l’État fédéral de construire de nouvelles prisons (via les divers Master Plan des dernières années) qui augmentent de manière très importante le parc carcéral via des partenariats publics-privés et qui grèvent le budget de l’État pour plusieurs décennies.

Retrouvez toutes les propositions du Centre d’Action Laïque dans son Mémorandum pour les élections régionales, communautaires, fédérales et européennes: memorandum2019.laicite.be