Espace de libertés | Mai 2019 (n° 479)

Nos libertés sont-elles menacées ? Cette interrogation revient fréquemment au sein de la société civile, mais aussi parmi les citoyen.ne.s et démocrates de tous bords. La réponse est nuancée, car ici comme dans d’autres débats, il convient d’éviter l’écueil du « c’était mieux avant » qui, de surcroît, est généralement infondé. Mais l’on ne peut nier une fragilisation d’un certain nombre de libertés, notamment depuis les mesures sécuritaires adoptées suite aux attentats en France et en Belgique. Comme l’affirme Philippe Hensmans, directeur de la section belge d’Amnesty International, au cœur de ce dossier, « sans la vigilance d’organisations de défense des droits humains, nos espaces de liberté seraient considérablement plus réduits ». Et d’attirer également notre attention sur les pressions qui guettent la liberté de la presse, avec des journalistes chaque fois plus malmenés, dans une vile tentation de décrédibiliser les « chiens de garde » de nos démocraties. D’autant plus lorsque l’on sort de nos frontières nationales, là où des gouvernements « forts » ont pris les rênes du pouvoir, affaiblissant les droits fondamentaux que d’aucuns pensaient acquis à jamais. Sans oublier cet ennemi de l’intérieur : notre propre esprit, qui jongle ici avec le concept d’auto-aliénation, là avec un « confort » de façade qui vise à confier notre destin à un homme providentiel. Que celui-ci soit un imposteur populiste niant à tout-va les droits et la légitimité démocratique ne gêne malheureusement pas tout le monde.

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© Marco Paulo