
« Education is the most powerful weapon one can use to change the world. »
Nelson Mandela
La rentrée scolaire a coutume de rallumer les débats, souvent enflammés, autour de l’école et de l’enseignement. Cette fièvre saisonnière est le signe d’une inquiétude salutaire : celle de nos citoyens adultes pour l’avenir des jeunes générations. Qui s’en plaindra ?
On peut toutefois déplorer que les discussions se cristallisent autour des questions d’organisation, de financement, de réseaux, de salaires, de bâtiments… Certes, ces aspects sont importants ; mais ils occultent un élément essentiel : le projet pédagogique.
Arrêtons de jouer à Peppone et Dom Camilo. Débarrassons-nous des vieux oripeaux du dualisme « philosophico-religieux » et joignons nos forces au service du droit à l’éducation. C’est ainsi que nous forgerons une jeunesse responsable, éveillée, solidaire, créative, autonome, apte à relever les extraordinaires défis qui se posent à nos sociétés.
On a vu se multiplier, au nom de la liberté d’enseigner, les pouvoirs organisateurs, avec en bout de piste un paysage scolaire parcellisé, véritable patchwork au sein duquel les responsabilités se diluent et qui coûte très cher à la collectivité alors même que l’enseignement manque de moyens. Le double clivage public/privé et confessionnel/non confessionnel constitue l’une des causes principales du coût, de l’inefficience,de l’inefficacité, de la bureaucratisation et du caractère contraignant de notre système éducatif.
Cette dualité a conduit, depuis cinquante ans, à l’explosion des budgets de l’enseignement, à de vaines concurrences entre réseaux, à une désorganisation de l’offre d’enseignement et à l’incohérence du système. Dans un tel micmac, où est la place d’une vraie réflexion sur les méthodes pédagogiques ? Que d’énergie dépensée en pure perte dans les querelles de clocher, alors que notre enseignement ne correspond plus aux besoins de l’époque et que le train des évolutions pédagogiques roule sans nous.
Le système scolaire actuel, éclaté en réseaux multiples, est quasi intégralement financé par les budgets publics. Vivre avec l’argent public suppose une vision d’ensemble partagée, au niveau des objectifs, des moyens et des méthodes, des règles communes, une économie de moyens et un contrôle des résultats. Un tel projet se nourrit d’un climat de coopération et non de concurrence. Le seul projet qui corresponde à cette nécessité est celui d’un réseau d’enseignement solidaire, en un seul réseau public.
Doter l’école d’un statut unique fera entrer l’école dans une ère de saine gouvernance où chacun se verra attribuer un niveau de compétence. Au législateur d’arrêter les objectifs généraux, les moyens financiers, les règles de fonctionnement, les principes à respecter au nom de l’égalité. A l’équipe éducative de définir la méthode, les moyens de parvenir à ces buts, en fonction du type de population, des ressources locales, de la sensibilité de l’équipe et de l’évolution des connaissances en pédagogie moderne.
Arrêtons de jouer à Peppone et Dom Camilo. Débarrassons-nous des vieux oripeaux du dualisme « philosophico-religieux » et joignons nos forces au service du droit à l’éducation. C’est ainsi que nous forgerons une jeunesse responsable, éveillée, solidaire, créative, autonome, apte à relever les extraordinaires défis qui se posent à nos sociétés.
Cet objectif nécessite un changement complet des mentalités. Montrons-en dès aujourd’hui l’exemple.
Pierre Galand, Président du Centre d’Action Laïque