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Journée mondiale des réfugiés: le nouveau pacte migratoire de l’Union européenne, une opportunité

Journée mondiale des réfugiés: le nouveau pacte migratoire de l’Union européenne, une opportunité

La journée mondiale des réfugiés, ce samedi 20 juin, est l’occasion d’aborder, encore une fois, la question des migrations au sein de l’Union européenne. Ceci est d’autant plus nécessaire compte tenu du nouveau pacte sur la migration et l’asile, qui devrait être publié fin juin.

Depuis longtemps, migrations et asile sont très présents dans l’agenda politique de l’UE. L’absence de véritable système migratoire a été sujet de nombreux débats, et les tentatives d’harmonisation n’ont jamais abouti. Récemment, la pandémie de covid-19 n’a fait que mettre en évidence les insuffisances du système. C’était inévitable.

Pour le Centre d’Action Laïque, ce nouveau pacte, très attendu, est une opportunité à saisir afin de construire une véritable politique migratoire européenne, intégrée et respectueuse des droits humains. Une opportunité de corriger les pratiques problématiques, dénoncées à plusieurs reprises : la fermeture des frontières, l’externalisation de la politique d’asile, les accords migratoires avec des pays africains…

Dans le nouveau pacte, l’ouverture des voies d’accès sûres et légales aux demandeurs d’asile doit être une priorité. Sans oublier le développement de nouveaux canaux d’immigration aux personnes qui ne sont pas en situation de bénéficier d’une protection particulière. Rappelons-le, les migrations ne se résument pas à l’asile: la mobilité des personnes prend bien d’autres formes, notamment celle de l’immigration économique.

La révision du règlement de Dublin est également fondamentale. L’UE doit supprimer la règle selon laquelle les réfugiés doivent introduire leur demande d’asile dans le pays par lequel ils ont accédé au territoire européen. La mise en place des programmes de réinstallation servirait à assurer une répartition solidaire et équitable entre les États membres.

Il est aussi temps de concentrer les ressources là où les personnes migrantes en ont plus besoin : la protection de leurs droits. Cela implique de mettre en place de centres d’orientation et d’accueil, de favoriser l’intégration sociale de celles et ceux qui ont déjà obtenu l’asile, d’amélioration des procédures de demande et de recours…

Finalement, l’initiative de la Commission européenne et certains États membres de réinstaller des enfants non accompagnés de Grèce dans d’autres pays pendant la crise du covid-19, nous montre qu’une coopération efficace est possible. Le pacte doit assurer que les droits des mineurs soient protégés, notamment en confirmant l’interdiction pure et simple de l’enfermement des enfants.

Le nouveau pacte est l’occasion de faire preuve de volonté politique en vue de construire une véritable politique humaniste des migrations. Une politique basée sur les valeurs européennes et laïques comme la solidarité, l’égalité et le respect de la dignité humaine. C’est le seul chemin possible vers une Union européenne responsable dans un monde de plus en plus globalisé.

Au niveau national, le Centre d’Action Laïque plaide pour une régularisation des sans-papiers, à l’instar des mesures prises, par exemple, par le Portugal. Des mesures de régularisation rendues encore plus nécessaires par la lutte contre le Covid, pour des raisons de santé publique, humanitaires et économiques. (1)

 


(1) Lire: Lettre ouverte à Madame Wilmès: «La régularisation du séjour des sans-papiers n’apporte que des avantages», Le Soir, 1/05/2020, https://plus.lesoir.be/298157/article/2020-05-01/lettre-ouverte-madame-wilmes-la-regularisation-du-sejour-des-sans-papiers

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