Espace de libertés | Avril 2019 (n° 478)

Quoi?!

France, Australie, Irlande, États-Unis, Chili… Depuis près de 20 ans, les scandales de pédophilie éclaboussent l’Église catholique. Et ce, malgré tous les efforts déployés pour effacer les preuves, étouffer les affaires – contenir les «diables en boîte», en somme. Après les scandales d’abus sexuels d’enfants, un documentaire diffusé sur Arte début mars a ouvert une nouvelle boîte de Pandore pour l’Église, volontairement et âprement scellée jusqu’ici: les abus et viols de femmes religieuses par des prêtres. À la suite de ces révélations, deux femmes catholiques ont publié une tribune dans Le Monde pour dénoncer «le concept avilissant de la “Femme” dans l’Église». Respectivement cofondatrice du mouvement réformateur de la Conférence catholique des baptisés francophones et directrice de la rédaction de Témoignage chrétien, Anna Soupa et Christine Pedotti en vont jusqu’à demander la décanonisation de Jean-Paul II, «protecteur des abuseurs au nom de la “raison de l’Église” et principal artisan de la construction idéologique de la “Femme”». Entendez vierge ou mère, celle-ci n’ayant pas d’autre option. Le pape François a beau avoir condamné la «culture de l’abus», en parlant des enfants en août dernier, et défroqué un prêtre américain pour motifs d’abus sexuels pour la première fois dans l’histoire de l’Église, il continue de prêcher fermement en faveur du célibat des prêtres: «Pas optionnel, non!» On le sait, l’abstinence sexuelle peut avoir des conséquences sur les relations sociales. Et le déni de sexualité, lui, est transmissible de pape en pape, visiblement. (ad)