Espace de libertés | Décembre 2018 (n° 474)

[ACCÈS LIBRE] Les jeunes et la DUDH: des valeurs à choyer


Opinion

Pierre Galand est président de l’APNU, l’Association pour les nations unies. Il a invité les jeunes à repenser la DUDH au travers de projets créatifs.


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 «La Déclaration universelle des droits humains (DUDH) marque l’évolution d’une société. Il y a 2 550 ans déjà, on a découvert dans le désert près de Babylone le cylindre de Cyrus, dont l’ONU dira en 1972: c’est la première déclaration des droits humains. Le roi Cyrus, qui avait conquis la Mésopotamie et le Proche-Orient, avait dicté des règles pour que tout le monde puisse vivre ensemble. On y retrouve le droit à une croyance, à une profession et l’abolition de l’esclavage. C’est assez étonnant de constater que déjà à l’époque, l’humanité cherche comment les gens peuvent vivre ensemble.

En 1948, après 2 Guerres mondiales, 70 millions de morts, le génocide des Juifs, les camps de concentration, tout à coup on a eu un choc. Et on s’est dit: comment fait-on pour que l’on puisse exister ensemble harmonieusement? Le génie de la Déclaration universelle, c’est d’avoir réussi à compiler en 30 articles ce qui nous permet de vivre ensemble, un mélange de droits individuels et de droits collectifs où aucun n’a de primauté sur l’autre.

Derrière cette Déclaration, il y avait Stéphane Hessel. Cet homme qui, à 90 ans, disait encore aux jeunes: indignez-vous! Et ensuite: engagez-vous! Participez à la transformation de ce monde qui doit s’organiser pour survivre, être plus égalitaire et émancipateur! Cette Charte, c’est aussi une capacité d’indignation par rapport à tous les manquements à ces droits fondamentaux. Comment nous, citoyens, êtres individuels capables de réfléchir, pouvons-nous faire en sorte qu’on ne dérive pas complètement vers la guerre, vers le fascisme, vers la destruction de l’humanité. Les 3 000 jeunes qui ont rendu des projets, ont beaucoup à dire, ils en sont conscients. C’est assez émouvant de voir qu’ils se sont réalisés dans quelque chose. Ils savent que ce monde est terriblement bouleversant. Ils pressentent un tas de choses sur l’environnement et se demandent comment vivre sur une terre aussi polluée. Quand ils se rendent compte que des gens dorment en rue ou que leurs vêtements ont été faits par des petites mains de leur âge quelque part au Bangladesh, ça les révolte. Ils cherchent des nouvelles formes d’expression, ils sont très proactifs, donc je suis plutôt optimiste.»