Espace de libertés – Décembre 2014

Diwali: un vrai socle de culture


Dossier

Diwali est, sans doute, la plus importante fête de l’Inde, une fête à la fois religieuse et culturelle. Intimement liée au vaishnavisme, l’une des principales branches de l’hindouisme, Diwali est l’une des dates essentielles du calendrier religieux, mais elle est également culturelle en ce qu’elle rassemble aujourd’hui les indiens de toute tendance spirituelle –sikhs, jaïns, zoroastriens, bouddhistes, etc.


Diwali fête la victoire de Dieu sur le mal et célèbre la famille. Elle est très intimement liée à la lumière et est, à ce titre, appelée la « fête des lumières ».

Le monde s’ouvre de plus en plus à la culture ainsi qu’à la spiritualité de l’Inde et Diwali est, à présent, fêtée de Mumbai à la Maison Blanche et de Fidji au 10, Downing Street. La spiritualité de l’Inde, que l’on appelle communément l’hindouisme, est inclusive de nature; elle permet de très nombreux moyens d’expression: théologie, textes sacrés, leaders spirituels, institutions, etc. Toutes les croyances majeures et quelques minorités persécutées ont prospéré en Inde: zoroastrisme, baha’i, judaïsme, christianisme, islam, etc. Parmi les traditions spirituelles de l’hindouisme, certaines vouent un culte à Dieu en tant que personne suprême (Vishnu, Krishna et Narayana), d’autres célèbrent plusieurs divinités (Shiva, Durga, Ganesh, Kartikeya, etc.) tandis que d’autres vénèrent le Brahman impersonnel. En d’autres termes, certains hindous sont monothéistes, d’autres monistes ou d’autres encore polythéistes et de très nombreux hindous sont les trois à la fois!

Démon concupiscent

Pour en revenir à Diwali et à ses origines, elle remonte à la grande épopée du Ramayana, l’un des textes de loin les plus célèbres de tout le sous-continent depuis des millénaires. L’impact du Ramayana sur l’esprit des Indiens a été tellement phénoménal qu’il a donné vie à d’innombrables pièces de théâtre, danses, peintures, sculptures, livres, films, etc. au cours des siècles et, récemment c’est le pays tout entier qui retenait son souffle chaque semaine au moment de la diffusion du Ramayana en série télévisée.

L’apport unique de la communauté hindoue rend la société belge toute entière plus riche et plus complète.

En résumé, Diwali est le chapitre de l’épopée où Rama (un avatar de Vishnu) remporte la victoire sur Ravana lors d’une bataille épique, et où il sauve Sita qui avait été kidnappée par ce démon particulièrement concupiscent. Diwali est raconté dans le chapitre du retour de Rama et Sita, en leur capitale, à Ayodhya, dans un aéronef. Tous les citoyens du Royaume les honorent en allumant des lumières à leur approche pour célébrer la victoire de Rama et son retour après de si longues années d’exil et de recherche de Sita.

Il ne saurait y avoir de cérémonie ou de rituel en Inde sans allumer des lampes à ghee pour célébrer le triomphe de la lumière, de la moralité, du savoir, de la vertu, de la spiritualité, sur les ténébres, l’immoralité, l’ignorance et le matérialisme. Il n’y a pas de discours politique, d’inauguration, d’évènement de quelque importance en l’absence de telles lampes. Pour Diwali, la plupart des habitations sont décorées de lumières et des pétards éclatent dans les rues.

Diwali est, à présent, également un évènement culturel: la célébration du Nouvel An que de nombreux Indiens marquent en offrant des sucreries et par des fêtes de famille. Les temples sont bondés, les boutiques bien achalandées et l’Inde toute entière semble être passée à une vitesse supérieure. Diwali est l’occasion de célébrer, partager, prier, glorifier, et pour les vaishnavas, se souvenir des divertissements de Rama, plus particulièrement de sa victoire sur Ravana et de l’accueil triomphal que les citoyens d’Ayod-hya ont réservé à Sri Rama. On peut voir partout des lumières et de magnifiques décorations. Les centres commerciaux sont métamorphosés. J’en ai visité un lors d’un séjour récent à Delhi: une représentation colossale de Hanuman, le singe grand dévot de Sri Rama, formée de plus de 26.000 cloches avec tout autour des milliers de lampes électriques. Les passants appréciaient et prenaient des milliers de photos avec leur famille ou leurs amis.

Vers une reconnaissance?

Qu’elles soient sikhs, hindous ou jaïns, partout où il y a des communautés indiennes, Diwali est fêtée. En Belgique, plusieurs temples célèbrent Diwali et, depuis de nombreuses années, Anvers réunit de façon fort joyeuse les communautés indienne et belge lors d’un grand événement culturel.

Dans un monde où les attitudes radicales et sectaires dé ent la cohésion sociale des sociétés pluriculturelles, le dialogue est clairement une réponse au repli identitaire. Les communautés de toute conviction (chrétienne, musulmane, juive, hindou, bouddhiste, sikh, humaniste, jaïn, baha’i, etc.) apportent une contribution essentielle et enrichissent cette société globale au sein de laquelle nous vivons tous. Le temps du quasi-monopole d’une croyance est pratiquement révolu. L’apport unique de la communauté hindoue rend la société belge toute entière plus riche et plus complète. Nous souhaitons de tous nos vœux que, très prochainement, le gouvernement belge reconnaisse officiellement l’hindouisme et voit combien ses contributions aident à faire de la Belgique, un pays réellement ouvert et multi convictionnel.