Pour faire avancer nos idées, pour redonner de la vigueur à nos revendications, pour replacer au centre du jeu une balle qu’on croyait perdue dans d’épais taillis, le hasard de l’actualité, l’action inopinée d’un responsable politique peut venir remettre au-devant de la scène un bon classique laïque qui somnolait dans les rayonnages d’un frigo désespérément clos.
Dans cette catégorie, on peut pointer l’initiative du ministre de la Fonction publique devant la commission de l’Intérieur de la Chambre d’envisager, pour les fonctionnaires fédéraux, d’interdire le port de signes religieux, politiques et philosophiques. Sujet sur lequel le CAL s’est déjà exprimé à maintes reprises; le processus permanent de démarche libre-exaministe à laquelle nous nous astreignons avec volupté nous conduit à confirmer notre position qui va plus loin que la perspective envisagée par le ministre, à savoir: « Le CAL demande que dispositions légales ou réglementaires claires soient adoptées tant au niveau fédéral que par les entités fédérées pour imposer la neutralité et l’impartialité de la fonction publique et de tous ses agents sans aucune distinction. Cette obligation d’impartialité qui pèse sur le pouvoir public ne s’applique évidemment pas aux citoyens usagers ou justi- ciables du service public. »
Dans un autre recoin de la majorité fédérale, une légère fumée s’est insinuée dans les interstices des tabous en matière de consommation de substances psychotropes. Et même si ce joint a été vite colmaté par la toute puissante censure de… l’accord de gouvernement. C’était l’occasion de remettre au devant de l’actualité l’ambitieux projet porté par le CAL depuis de nombreuses années visant à la mise en place d’une expérience de santé publique relative à la libéralisation de la vente, donc de la consommation contrôlée de drogues actuellement illicites. Il ne s’agit nullement d’élucubrations de fêtards en bout de pétards mais d’une approche de la question rationnelle des drogues, argumentée et, par ailleurs, soutenues par des personnes responsables et impliquées dans la lutte contre les assuétudes. Pour le CAL, « la voie de la prohibition et de la “tolérance zéro” relève d’une posture idéologique et nie les réalités du terrain lorsque l’alternative, celle de la réduction des risques –soutenue par d’autres pouvoirs publics depuis les années 80–, porte ses fruits ».
L’actualité politique se présente donc comme un levier pour con rmer nos préoccupations sociétales concernant des thématiques directement liées au respect des droits de l’homme, à la défense de la démocratie et à la construction d’une société plus juste, plus solidaire et plus fraternelle. Ne manquons pas de saisir ces opportunités.