Espace de libertés | Février 2019 (n° 476)

Se débarrasser des indésirables en les envoyant le plus loin possible, c’est du déjà-vu. Et s’il peut y avoir une mer, voire un océan entre eux et nous, histoire d’être sûrs que toute tentative d’évasion se solde par une noyade, c’est encore plus efficace. On ne parle pas ici d’insectes ou d’animaux, mais bien d’êtres humains. On en veut pour preuve historique les lépreux relégués à Molokai ou les communards français et les condamnés britanniques déportés par bateaux entiers en Nouvelle-Calédonie et dans les bagnes d’Australie. Craignant pour son modèle social, c’est le Danemark qui a récemment décidé d’envoyer « ses » demandeurs d’asile sur une île inhabitée. Comme le rapportait l’AFP en décembre dernier, « le Danemark, gouverné par une coalition de centre droit soutenue par la droite populiste anti-immigration DF (Parti du peuple danois), s’enorgueillit d’avoir adopté près de 100 amendements restreignant les droits des étrangers ». Après la confiscation des biens et l’allongement du délai pour le regroupement familial, au ban ! Pour Demetri Papademetriou, fondateur de l’Institut européen des migrations, la politique migratoire danoise « est un cas unique de dureté et d’intolérance ». De quoi s’enorgueillir, vraiment ?