Espace de libertés – Mai 2017

Remous philosophiques chez Écolo


Espace de brièvetes

Chez Écolo, chrétiens, laïques, musulmans, bouddhistes et indifférents se côtoient généralement sans trop de problèmes. Mais de temps à autre, des “passes d’armes philosophiques” à fleurets pas toujours mouchetés secouent le landerneau.

Dernier en date: début avril, lorsque la conseillère communale bruxelloise Marie Nagy a exprimé ses craintes de voir le parti devenir le porte-drapeau d’un retour du religieux. L’ex-députée régionale, ex-sénatrice, et aujourd’hui ex-cheffe de groupe Écolo au conseil communal de Bruxelles, y fustigeait notamment l’euro-député Philippe Lamberts qui avait fait publiquement état de sa foi catholique.

Ce n’est pas la première fois que des dissensions convictionnelles affleurent publiquement chez les écologistes: on se souvient qu’en 2011, Bernard Wesphael avait voulu lancer – sans succès – un courant intitulé “Écologie et Laïcité”. Il n’y a pas si longtemps encore, Jean-Michel Javaux, alors coprésident, n’hésitait pas à faire état publiquement de ses convictions personnelles catholiques et cela ne faisait pas plaisir à tout le monde.

Aujourd’hui, alors que le parti est en train de regagner péniblement un peu du terrain perdu, ses différents responsables sont soucieux d’éteindre ce genre de flammèches intempestives qui risquent de rallumer l’incendie des dissensions philosophiques. C’est en tout cas le message que chantent sur tous les tons les deux coprésidents, Patrick Dupriez et Zakia Khattabi. Cette dernière assène en effet à qui veut l’entendre qu’”Écolo ne s’est pas fondé sur les piliers, comme l’ont fait les autres partis. Nous ont rejoints des laïques de tout bord comme des croyants. Mais à aucun moment, ni les uns ni les autres n’orientent nos choix. Écolo est un parti neutre“. Pour Patrick Dupriez, la position d’Écolo est celle de la “laïcité positive, une laïcité qui libère les individus dans un principe d’égalité de traitement entre tous“. On prend bonne note !