Espace de libertés – Février 2015

Au bout du tunnel, la laïcité


Édito

L’émotion provoquée par les attentats de Paris à peine retombée, nous avons assisté au déferlement, tous médias confondus, d’une avalanche de commentaires, d’analyses diverses, d’explications pertinentes ou réductrices, voire machiavéliques.

Chacun, bien entendu, est persuadé d’avoir raison, d’avoir taillé la pierre philosophale qui résume toute la problématique dans un format publiable dans la presse et, parfois, mélangeant tout et son contraire. Entre les «Je suis Charlie», les «Je suis Charlie, mais…», les «Je ne suis pas Charlie» et les «Je ne suis pas Charlie, mais…», on aura vraiment tout vu, tout lu.

Interpellés par de tels évènements, il est bien naturel d’en rechercher les causes, d’imaginer des mesures pour se prémunir de la réplique de semblables tragédies. Il faut néanmoins se garder des chemins simplificateurs, voire simplistes, allant d’une cause isolée à une conséquence inévitable.

Le contexte économique, la situation internationale, la perversion de la religion, le manque de formation, les crispations identitaires, la folie des hommes, tous ces facteurs se confondent, s’additionnent et créent la fêlure, la fracture, l’horreur.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, qu’on me permette de rappeler que les principales victimes des attentats sont ceux qui ont été tués. Et que ce qu’on clame en affirmant «Je suis Charlie», c’est son attachement à la liberté d’expression, aux droits fondamentaux fondés sur la Déclaration des droits de l’homme et au droit de blasphémer qui leur est subordonné.

Difficile aussi de ne pas voir dans cette catastrophe une expression des dérives que le fanatisme religieux peut entraîner. Plus que jamais, le ciment du vivre ensemble passe par la laïcité, seule idée sociétale de nature à garantir la liberté la plus large pour tous. Qu’il nous soit pardonné de marteler encore et toujours cette réalité aussi longtemps que ceux que cela dérange s’égosilleront à faire passer la laïcité pour une posture partisane.